Rompre le fil de la haine

Salut les militants,

Je viens tout juste d’avoir une petite idée pour vous! Rien de gros ou de très forçant, simplement une petite action rapide qui devrait faire plaisir à tout le monde.

J’étais récemment très frappé par la haine que nous éprouvons chaque jour pour certaines personnes qui partagent notre quotidien. Ils n’ont pas besoin d’être bien loin, ils sont même parfois simplement des personnages de l’actualité (politiciens, artistes, pseudo-vedettes, etc.) C’est en allant voir le film Incendies de Denis Villeneuve, que j’ai réalisé à quel point nous étions constamment entrain de haïr, d’alimenter le cycle de la haine qui se prolonge depuis beaucoup trop longtemps et ce, parfois bien malgré nous. Et je ne suis pas en reste, souvent enragé devant tout ce qui se trame à travers le monde.

Voici donc le concept de l’action qui se déroulera entièrement sur Facebook. En premier lieu, vous devez vous trouver quelqu’un que vous haïssez profondément. Comme je vous l’ai dit, ça peut autant être près comme loin de vous. Vous devrez ensuite déterminer ce qui vous met le plus en colère de cette personne (agissements, attitude, traits, etc.) La dernière étape est certainement la plus difficile, car vous devrez lui pardonner et lui dire que vous l’aimez par le biais d’un statut Facebook. On appelle ça répliquer à la haine par de l’amour, vieux concept hippie tiré de notre bon ami Jésus.  Vous comprendrez que c’est une action de masse et que plus nous avons de monde, plus nous aurons d’impact.

Exemple de statut (pour être certain que vous pigez) : Monsieur Harper, je vous hais profondément. Je vous hais pour vos décisions rétrogrades, pour toutes les taches dont vous avez Sali notre drapeau et pour le peu de respect que vous communiquez aux artistes. Mais aujourd’hui, je décide de rompre le fil de la haine, en espérant que vous ferez de même. Monsieur Harper, je vous aime et je vous pardonne.

Cela fait, vous devrez poster tout ça dans votre statut, le temps venu. Le but, c’est de le faire tous la même journée. Vous avez une semaine pour y penser car lundi le 4 octobre 2010, vous devrez passer à l’action. C’est simple mais si on a beaucoup de monde, ça pourrait être très intéressant comme effet. C’est pourquoi je vous demanderais d’en parler au plus de monde possible, de vous faire héraut de l’amour, pour un moment. Dîtes-leur à voix haute, par messages, sur leur mur, peu importe. Vous pouvez également utiliser ce message pour communiquer l’affaire à vos contacts. Si vous ne croyez pas entièrement à l’utilité de la manœuvre, dîtes-vous au moins que ce sera probablement plus constructif que de dire où vous aimez planquer votre sacoche. C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de rompre le fil de la haine, je compte sur vous!

Thomas Dupont-Buist

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The Trotsky ou de l’engagement étudiant

The Trotsky, film de Jacob Tierney

Et voilà, le cégep est terminé. Deux ans qui auront été probablement les plus tripants de ma vie. Deux années à apprendre, à fêter, à rencontrer toute sorte de monde, à s’impliquer et à évoluer. J’en ressors un peu plus perdu que lorsque j’y suis entré, mais je ne regrette rien. Nos expériences ne peuvent pas toutes être bénéfiques, mais elles peuvent tous nous enseigner quelque chose. L’engagement étudiant a été pour moi l’une de ces mauvaises expériences qui nous en apprennent tant. En militant, je me suis frotté à l’indifférence des étudiants. J’ai découvert que la conscientisation et l’engagement social sont en baisse vertigineuse de popularité et qu’il est loin d’être aisé de mobiliser les étudiants.

Cela dit, j’ai récemment été voir le film The Trotsky du jeune réalisateur montréalais Jacob Tierney. Sur le plan de la forme, l’exercice est très bien réussi et pour un deuxième film, le réalisateur a de quoi impressionner. Les répliques sont acérées et porteuses d’un humour sarcastique très efficace. Mais au-delà de l’étiquette de comédie qui lui a été attachée, j’y ai vu beaucoup plus. En fait, j’y ai vu plusieurs liens entre ma propre histoire d’implication au cégep dans différents groupes (Amnistie Internationale, Équiterre et au journal étudiant) et celle qui se retrouve au centre de l’œuvre cinématographique. Le film raconte les péripéties d’un jeune élève du Montréal anglophone qui est persuadé d’être la réincarnation du révolutionnaire Léon Trotski. Il possède le même prénom et suite à la découverte de sa biographie, se met à trouver une multitude de liens fabulés entre sa vie et celle du politicien. Par exemple, il est perpétuellement en froid avec son père, est amoureux d’une femme nettement plus vieille que lui et trouve en chacune de ses nouvelles rencontres un personnage de l’entourage de Trotski. Le jeune de dix-sept ans et trois quarts (comme il le dit lui-même) est profondément intense dans tout ce qu’il fait et croît sa destinée tracée depuis longtemps. S’autoproclamant leader révolutionnaire, il tâche d’abord de syndicaliser les travailleurs de l’usine de son père pour ensuite tâcher de faire la même chose… avec les étudiants de son école secondaire! La partie est loin d’être gagnée.

Le personnage de Léon (interprété par Jay Baruchel) est franchement très bien construit et fait rire à plusieurs occasions par ses mimiques et sa gestuelle. Il est si pris par sa cause, si nerveux et convaincu de son rêve qu’il en fait presque pitié. Les autres étudiants le trouvent weirdo et ne comprennent pas pourquoi il se bat. Il organise des manifestations, des grèves et tout le tralala pour qu’enfin les étudiants ne se pointent que lorsqu’il y a opportunité de sécher les cours ou de s’éclater. Et c’est là que j’en arrive aux liens promis plus haut (tsé le gars qui sait où il s’en va).

Dans presque tous mes articles publiés au journal étudiant, je parlais de mon désillusionnement et de ma déception du monde collégial. J’ai passé tout mon cégep à me demander pourquoi personne ne se sentait concerné par l’environnement, la culture et la justice sociale. J’essayais de conscientiser mes amis, d’organiser toute sorte de happenings à saveur engagée, de fouetter le laxisme des cégépiens de Saint-Hyacinthe. Rien n’y a fait, malgré quelques petites victoires, les jeunes restaient endormis. Dans le film, on pose la question au sujet des jeunes : Sont-ils apathiques ou simplement victimes d’ennui profond? Peut-on les tirer des sables mouvants du quotidien et du je-m’en-foutisme? Il est peut-être un peu tôt pour répondre à cette question avec conviction pour moi, mais elle mérite une plus ample réflexion. J’ai dit tout à l’heure m’être impliqué tout au long du cégep, mais j’ai menti, ce n’est pas vrai. Au cours de ma deuxième année, j’ai pratiquement abandonné toute tentative d’action. Le découragement s’était emparé de moi et ma bulle d’idéaliste venait d’être brisée. Tout le travail de cette minorité qui s’implique pour si peu de résultats ou de reconnaissance. Être militant, c’est avant tout une occupation ingrate. J’en avais ras le bol de mettre tant d’efforts et de temps pour finalement constater que personne ne s’intéressait à ce que l’on faisait. C’est pourquoi, je respecte énormément ceux qui sont restés jusqu’à la toute fin, vous êtes très forts. Moi, j’ai commencé à faire ce que j’avais tant reproché aux autres. J’ai fait la fête abusivement, je me suis amusé sans réfléchir et j’ai tâché d’oublier tous les problèmes de notre monde. Mais je pense que nous avons tous ce genre de moment de démotivation à un moment ou à un autre. L’important, c’est de revenir.

Mais pour en revenir au film, je disais plus haut que j’y avais vu beaucoup plus qu’une comédie. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il m’a redonné le goût de m’impliquer. Certaines œuvres nous nourrissent et nous redonnent espoir et ce fût le cas pour moi avec The Trotsky. J’ai envie de recommencer à croire en nous, même si parfois j’ai l’impression que nous ne croyons en rien. Il est certain que mon implication connaîtra des bas, mais ça fait partie du combat. Il faut que quelques-uns d’entre nous se battent pour nous tous. On a déjà dit que la jeunesse était l’avenir. On n’a pas dit par contre de quoi serait fait l’avenir, car ça, c’est à nous d’en décider.

Oh et en terminant, une dernière chose. Allez voir ce film si vous en avez l’occasion, c’est très bon. Mais un conseil, allez le voir en anglais, j’ai fait l’erreur d’aller voir la version doublée en français et j’ai eu beaucoup de mal à embarquer à cause de la qualité hautement douteuse du doublage. C’est notre Xavier Dolan national qui faisait la voix de Léon et pas qu’il était mauvais, mais il ne cadrait tout simplement pas avec l’apparence physique de Baruchel. Mauvais casting. Étrange que notre doublage, au Québec, fasse des merveilles sur des films hollywoodiens et qu’il soit si moche sur nos propres productions. Mais ça, c’est le sujet d’une autre chronique.

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Humains grisâtres et torture

« Bon mais….
Très bon film avec une bonne moral et l’acteur principal nous fait durer le suspense par contre, il a une fin horrible (ça finit trop sec) mais je le conseille à tout le monde qui aime les films de torture. »

Cette merveilleuse citation à la syntaxe désastreuse nous vient de Kevcoolopk, homme de 23 ans vivant à Québec. Oh et j’ai caché les plus grosses fautes d’orthographe que vous ne sauriez apprécier. Ce genre de commentaires pullule sur les divers sites web reliés au cinéma. Celui-ci nous vient de Cinoche.com. Bien sûr, j’aurais pu répondre à Kevcoolpk directement ou tout simplement cliquer sur le bouton Signaler un abus. Seulement Kevcoolpk n’est pas chanceux, car son commentaire n’a pas été entendu par un sourd, mais bien par un méchant-journaliste-qui-n’a-rien-d’autre-à faire-que-de-chialer-et-qui-cherchait-justement-comment-commencer-sa-chronique-sur-le-film Les sept jours du Talion.

Maintenant que la glace est cassée, embarquons rapidement dans le vif du sujet avant que vous ne tourniez la page de votre journal sans savoir ce que pense ce connard de journaliste de ce film marteau-piqueur. Reprenons les jolis mots de notre ami Kevcoolopk quand il conseille la réalisation de Podz à « […] tout le monde qui aime les films de torture. » Là-dessus mon gars, je suis parfaitement d’accord avec toi et tu le seras sans doute aussi avec Melodyy qui trouve qu’il manquait des bouts clés du livre, par exemple quand « […] le gars crève les yeux au meurtrier-pédo. » J’ai adoré voir toutes les parties de l’anatomie du meurtrier être mutilées! Pour ceux qui ont de la misère à détecter l’ironie, je vous rassure, c’en était. Non, mais sérieusement, vous manquez un peu de crédibilité mes choux quand vous avez 23 ans et que vous avez de la misère à écrire le mot morale correctement. Bon j’avoue, c’était quand même un homonyme, je vous pardonne la faute. Peut-être que c’est ça, justement qu’il vous manque une morale pour comprendre que ce film est loin d’être un Saw 14.

Maintenant que nous sommes d’accord sur le fait que Les sept jours du Talion n’est pas un film de torture, mais bien un drame psychologique aux accents philosophiques, on peut jaser gentiment. Beaucoup avaient, comme moi, de grosses attentes par rapport à ce film, connaissant Podz (réalisateur de la série Minuit le soir), Claude Legault ou ayant lu les derniers romans de Patrick Sénécal ou vu l’une des adaptations cinématographiques (5150 rue des Ormes). Il y avait aussi l’intrigue du choix artistique de Podz de faire un film sans musique, un pari intéressant, mais risqué. Je dois le dire, j’étais très impatient et j’ai été le voir la première semaine de sa sortie.

La salle était pleine et bruyante. Ça et là quelques jeunes qui déconnent, d’autres qui leur disent de fermer leurs gueules à l’approche du début. D’habitude, les engueulés se font engueuleurs et on est pogné avec leurs enfantillages toute la représentation. Mais là, chose étrange, dès le début du film, comme touchés par la grâce du Seigneur, ils se la ferment respectueusement. Il faut dire que le silence est bruyant. Bruyant et lourd, il frappe comme une tonne de brique. L’émotion s’empare de la salle ne semblant laisser personne indifférent. J’ai rarement vu un film aussi poignant du début à la fin. Les plans sont longs, silencieux, magnifiques. Les images sont crues, d’où le malentendu du film d’horreur. Elles sont crues, mais vraies. Elles sont crues, mais laides, comme la vraie violence. Pas comme celle qu’on glorifie dans les films, la violence sale et répugnante comme elle devrait toujours l’être au cinéma lorsque l’on parle de sujets aussi difficiles que le viole et le meurtre d’une petite fille. Certains prétendront que Claude Legault y offre une piètre performance. Je dirais au contraire que son jeu y est si fin et subtil qu’on en oublie, justement, il joue. Legault joue enfin autre chose que le bon papa, ce à quoi il semble avoir été catégorisé au cours des dernières années. Heureusement, il nous offre ici une performance magnifique, peut-être sa meilleure en carrière, qui nous permettra sans doute de le voir dans d’autres rôles qui seront à la hauteur de son talent.
Bien sûr, la torture fait partie du film et lui donne sa gravité. Cela dit, les scènes de violences ne sont en aucuns cas l’essentiel du film et encore moins son propos. Les sept jours du Talion c’est plutôt tout le drame qu’impose la question de se faire justice soi-même. En effet, que feriez-vous si l’on tuait votre fille après l’avoir sauvagement violée? Est-ce que tout est permis dans la vengeance d’un tel cas? Quelles sont les limites de la justice? La réponse de Sénécal n’en est pas une. Elle est plutôt une autre question, encore plus grande. Qu’est-ce qui est moralement bien ou mal? L’innocent qui ira voir le film vous dira : « La fin était bâclée. » Au risque de vous dire un punch, voici ce que nous dit la fin : « Monsieur, est-ce que la vengeance était la solution? Non. Est-ce que vous le referiez? Oui. » L’innocent répond aux grandes questions dans sa prétention, le philosophe y réfléchit et vous pose une autre question. Le philosophe vous dira qu’il a trouvé Les sept jours du Talion très bon et que la fin l’a amené ailleurs. Quelle solution peut-il y avoir quand personne n’est bon ni méchant, mais seulement humain? Enfin, la vengeance ne serait pas la solution à l’innocence de certains visiteurs de Cinoche.com, mais je dois avouer qu’elle est tentante en maudit!

Par Thomas Dupont-Buist

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L’avatar de Cameron est passé à l’histoire

On en parle partout depuis quelque temps et on en parlera encore pour longtemps, vous êtes mieux de vous faire à l’idée. Les médias d’abord, puis les familles, les amis, les collègues et même certains politiciens. En fait, probablement que vous aussi vous en parlez. Moi aussi j’ai envie de vous en parler. Avatar. Lieu de polémiques budgétaires entrant d’une certaine façon en conflit moral. On parle d’une grosse somme ici qui aurait pu servir à autre chose qu’à un film. Ceci étant, trop tard, c’est fait et si ça n’avait pas été celui-là ça aurait été un autre. De toute façon, je vous expliquerai plus tard pourquoi j’ai la conviction qu’un tel budget est justifié.

Avatar, donc. Un nom curieux pour un film qui délie les langues de tous. Un nom que les geeks de Dongeons & Dragons, comme moi, comprendront très certainement. Il faut dire qu’on en connaît des bibittes curieuses à force d’avoir été plongés dans ce monde bien loin de la réalité. Ça nous aura au moins apporté ça, les gars, à défaut d’avoir pu approcher les filles avant l’âge adulte. Voilà, nous on sait c’est quoi un avatar et on vous le dira pas, vous en avez déjà assez eu. Bon d’accord, je vais vous le dire. C’est une forme différente, un alter ego, que le possesseur prend. Un avatar d’un dieu mystique, par exemple, serait sa réincarnation en ce monde, sur Terre. Ou dans le cas présent, un corps extra-terrestre dirigé à distance par la pensée. Vous m’avez perdu? Ne vous sentez pas mal, c’est normal.

Avatar, ce film extraordinaire que j’ai vu récemment. Et il l’est dans tous les sens du terme. Il sort de l’ordinaire, car bien sûr il appartient à la science-fiction. Mais extraordinaire aussi parce qu’il est une réussite sans précédent. Je l’avoue, je ne m’attendais pas à grand-chose de ce film à grand tirage et j’étais plus attiré par le 3D que par quoi que ce soit d’autre. Vous voyez, même moi, je suis plein de préjugés, en s’en sort pas. Et pourtant, j’ai été agréablement surpris. D’abord, les lunettes donnent un beau petit style et ne sont même pas en carton. Kanye West peut aller se rhabiller, 3 piastres c’est pas cher pour avoir autant de gueule dans un rave. Ensuite, le public immensément large qu’il peut rassembler. Un film qui attire les jeunes comme les vieux, les adeptes du dernier blockbuster comme les cinéphiles les plus endurcis. Attention, je ne prétends pas que tous l’aimeront. Malgré tout, ils devront tous reconnaître que cette œuvre marquera l’histoire du cinéma.

Je m’explique. C’est le monde. C’est cet univers qu’a créé cette équipe artistique (Weta workshop, la même que sur Le seigneur des anneaux ). Avatar fait rêver juste par son environnement. Pandora, la planète où l’histoire a lieu, est tout simplement superbe. Des animaux, des plantes, de la vie et surtout un ensemble auquel on croit. Des plans en mouvements et très dynamiques qui nous donnent réellement l’impression d’y être. La caméra nous inclut dans la scène, on y plonge. Je n’aurais jamais cru que la technologie 3D était aussi avancée. On est loin des films d’animation et des lunettes napolitaines. Car c’était ça justement, le défi, d’intégrer des acteurs, du vrai monde dans ce numérique et qu’on arrive à y croire. Il fallait que tout soit crédible. Et bien, mission accomplie, je lève mon chapeau bien haut. Les Na’vis sont réellement attachants et on arrive même à croire à leurs sentiments tellement le travail d’animation faciale (par captage sur acteur en chair et en os) a bien été fait. Avatar m’a fait rêver comme aucun film ne l’avait fait depuis le Seigneur des anneaux. Et rêver, pour l’homme, c’est si important. Oublier un instant cette vie de fou, nos problèmes, nos chagrins et se laisser porter par une histoire qui n’est pas la nôtre, mais qui est tellement belle. Les enfants rêvent. Ceux qui vivent des choses difficiles encore plus. Comme ceux de Narnia, par exemple, vivant à une période que les enfants n’auraient jamais dû connaître. Les personnages de Lewis s’évadent dans un monde magique qui n’existe probablement pas, mais qui leur fait tant de bien. Peu importe s’ils restent dans un simple placard, se racontant ces histoires où qu’ils les vivent, à la fin, ils auront oublié la guerre. Le monde de l’imaginaire est notre sanctuaire quand le vrai ne va pas bien. En cette période de crise (économique, de la santé, de la guerre), ce monde est d’autant plus important. Voilà pourquoi je disais que ce budget n’aurait pas servi à rien, il aura fait rêver tous ces petits enfants en difficulté. Ne se leurrons pas, les budgets d’Hollywood n’iront jamais nourrir les enfants pauvres. Sachant cela, autant puissent-t-ils les faire rêver.

Mais Avatar ne s’arrête pas là, il n’est pas qu’un film fantastique. Outre un scénario plutôt prévisible, mais tout de même très respectable pour un opus d’Hollywood, ce qui m’a le plus impressionné d’Avatar, c’est la conscience qu’il apporte. La conscience de l’homme comme envahisseur, comme destructeur. Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas révolutionnaire. C’est pourtant un grand risque d’en parler dans un film aussi grand public. Et c’est en ça aussi qu’il est audacieux. De dénoncer les grands empires, des Romains aux Américains, qui ont toujours foutu leurs sales pattes dans ce qui ne les regardait pas. Ceux-là mêmes qui ont toujours convoité le monde entier au mépris des autres peuples et de la nature. Ça fait un petit quelque chose, de nous voir représentés comme ça, de voir ce que nous sommes. De voir notre peuple projeté dans le futur ravager une civilisation entière par l’appât du gain. De les voir saccager les merveilles d’un monde auquel la Terre a peut-être déjà ressemblé avant qu’on n’en détruise une bonne partie. Mais de voir surtout que l’histoire se répète sans que nous ayons compris et réalisé. Le plus troublant dans tout ça, c’est qu’on n’a aucun mal à croire cet avenir hypothétique. Certaines scènes sont vraiment fortes en émotions et bouleversent. Une phrase entre autres m’a réellement marquée. La seule civilisation rencontrée hors de la terre par les hommes parle des humains ainsi : « Comment veux-tu espérer quelque chose d’un peuple qui a tué sa propre mère ». Rien à ajouter, je suis complètement de leur avis, aujourd’hui, je préférerais être un Na’vi qu’un homme.

Avatar, c’est la naissance d’un nouveau courant cinématographique. C’est aussi le film le plus cher. Ça sera probablement le film le plus lucratif. Qu’est-ce que James Cameron pourrait espérer de mieux? Il a frappé un grand coup et il en est conscient, ça c’est sûr. Et bien moi je vous dis, merci monsieur, ça fait du bien votre œuvre en des temps aussi noirs, ça en réveillera peut-être quelques-uns.

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Poésie du dimanche

Drapeau de la Mère-traîtresse

Drapeau de la Mère-traîtresse

Tout simplement, deux petits poèmes faits à temps perdus avec le peu de talent poétique que je possède. À lire avec indulgence.

La mère traîtresse

Pour des fourrures
On a quitté nos familles
Perdus nos terres
Nous fûmes fourrés
Sur ces rives congelées

Pour du sucre
On nous a abandonné
Aux mains du Loup
Nous furent sacrifiés à Miquelon
Traître, traître patrie

Poème écrit en cours de français, suite à un exposé sur le 18ème siècle qui m’avais particulièrement intéressé. Il parle de celle que l’on nomme souvent la « mère-patrie » (la France) et de sa colonie.

La jeunesse engagée

Aujourd’hui il faut qu’on brise les murs
On n’a plus le choix
Il faut détruire la censure
On n’a plus le droit

Il y aura sans doute du sang sur les murs
Pas de combat sans blessures
Pas d’œuvre sans brouillons
Les échecs nous serviront

Il n’y plus de doute Harpure
Tu vas dans le mauvais sens
C’est sûr
Tu nous as mis en confiture

Vire de bord
Tu ne peux pas nous garder en conserve
On est encore trop fiers pour être morts
Regarde notre verve

Va-t’en, mon vieux
T’a fait ton temps
Le cuir de tes gants
Au coffre sera remisé
Les jeunes ont voté
Les jeunes on fait leur vœu

Je ne me souviens plus très bien des circonstances mais ça ressemble beaucoup à ce que je fais de ces temps-ci. Tout m’insurge et me fait chier dans l’actualité alors je réagis. Quelques belle rimes complexes, tout de même.

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Liberté d’expression, toujours le même combat

Écrire, ce n’est pas si facile que ça peut sembler. Écrire, c’est s’exposer. C’est se dénuder devant tous ceux qui te liront. C’est devenir vulnérable pour un avis, une prise de position ou tout simplement un sentiment. Ce n’est pas comme défendre un point de vue de vive voix, certes, et pourtant, c’est autant stressant. Stressant mais engageant, surtout. On dirait qu’on peut difficilement détacher notre vie privée de ce que l’on écrit. Ainsi, il est facile d’être contesté, et même parfois haï. Sans compter que ces réflexions et les réactions que nos écrits suscitent ne nous laissent certainement pas de glace. Tout ça me pousse à constamment me remettre en question. On dirait qu’écrire pour des inconnus, c’est si différent d’écrire pour soi. C’est un peu comme d’acheter un billet de loterie à chaque fois. On ne sait jamais quand les lecteurs vont approuver ou désapprouver. J’essaie d’être crédible et authentique parce que je n’ai aucune envie d’écrire autrement. J’écris en puisant dans ce que je suis et ce que je pense. Difficile, donc, de publier au journal du cégep. Beaucoup plus que je ne l’aurais pensé. J’ai beaucoup réfléchis, cette semaine, suite à l’écriture de ces deux textes d’opinion. J’ai fait face aux opinions divergentes de la rédactrice en chef du journal. Comme quoi, dire haut et fort ce que plusieurs pensent tout bas, ce n’est pas si facile. Comme quoi j’ai encore plus envi de le faire. Comme quoi en dérangeant, peut-être qu’on ferra une différence. Je vais peut-être blesser des gens dans le processus. Je m’en excuse car en aucun cas je n’aurai visé la personne derrière les idées. Pas que je ne vous aime pas, justement, parce que j’ai l’impression de le faire pour nous tous. Parce que je vous aime, justement. À vous de voir ce que vous en pensez. Le second article a été rédigé suite aux commentaires reçus.

Ben franchement, la Quinzaine interculturelle!

Ben franchement, une semaine interculturelle, ça sert à quoi! C’est ce qu’ont dû se dire plusieurs élèves il y a quelques semaines en voyant les fameux chevalets publicitaires de l’école se remplir d’affiches annonçant cet événement à saveur imprévisible. C’est vrai que ce genre de manifestation est très facile à gâcher. Des exemples? Ils pullulent dans toute la grande région de Montréal. Des semaines, des festivals dont personne n’entend parler. Des événements boboches qui n’ont pas d’autres raisons d’être que de remplir les coffres municipaux. Des événements mal rodés, mal organisés et qui finiront rapidement morts et enterrés. Pourquoi? Pas parce que les artistes qu’on nous propose sont mauvais, mais plutôt parce qu’il n’y a personne pour les écouter, les voir, les apprécier ou même les haïr. Il n’y a pas de shows sans public.
C’est de cela que j’avais peur en voyant ces affiches. On a beau travailler comme des malades, inviter des joueurs de tam-tam, des danseuses hawaïennes et offrir des repas exotiques à la cafette, si les gens ne viennent pas, on est bien mal foutu. Ça doit être la peur de bon nombre d’organisateurs. Comment prévoir ce public parfois si ingrat et d’autres fois si génial? On ne le peut pas, voilà tout. Il faut seulement prévoir les meilleures activités et espérer.
Et franchement, c’est ce qui est arrivé, pour une fois, au Cégep de Saint-Meumeu. Pardonnez l’expression, seulement, avouez qu’on s’emmerde souvent dans ce Cégep au beau milieu de nulle part, peuplé de dudes à casquette qui n’ont, pour seule préoccupation, que leur voiture et les défaites constantes du Canadien. Voilà donc le pourquoi du comment d’une semaine interculturelle : pour ouvrir les esprits et sortir de notre petit monde.
Je sais que vous devez être déçu, que vous vous attendiez probablement à un compte rendu bidon ou à un bilan cucul de cette semaine. Je sais que vous ne lisez probablement pas ces lignes parce que vous trouvez que le journalisme, c’est geek. Un journalisme conventionnel ne m’intéresse pas non plus, mais ce n’est pas parce qu’il n’a pas de minijupe ou de moteur. C’est parce qu’il est assommant, autant que votre cours de français, lundi à 8 h du matin. Pourquoi j’écris dans le journal étudiant, alors? Simplement pour vous montrer que, justement, le journalisme, ce n’est pas que la chronique des chats écrasés du Journal de Montréal ou un article sur le mauvais état des rues de Saint-Hyacinthe.
Mais revenons-en à cette semaine. Vous en avez pensé quoi? Pour ma part, honnêtement, que du bien. J’ai aimé vous entendre donner votre opinion sur l’identité québécoise lors de la douche mobile que vous avez peut-être eu la chance de croiser. J’ai savouré le débat philosophique même s’il vous a peut-être emmerdé. J’ai eu la chance de vous voir vous intéresser aux exposants du couloir 2 qui venaient partager avec nous une parcelle de leurs coutumes, de leur histoire. Vos petits airs gênés qui se réchauffaient peu à peu au son des tams-tams à La Cafière m’ont étonné. Mais surtout, j’ai vu dans cette semaine une grande réussite, parce que, pour une fois, j’avais l’impression d’être au cégep. On m’a dit que c’est nous qui décidons de nous emmerder ou pas. On m’a dit que, si un endroit est mort, c’est à nous de le raviver. Pas à l’autre, pas aux prochains ni aux anciens. Alors, voilà, si vous voulez un cégep à votre image, c’est à vous de faire bouger les choses. Demandez à Léo, il n’attend que vos projets et vos idées de fou pour raviver la flamme de ce cégep qui ne vit que si rarement. Moi, en tout cas, je ne vous attendrai pas pour grouiller mon cul et arrêter d’avoir l’impression d’étudier dans un cimetière.
Par Thomas Dupont-Buist

ET

Réplique à la censure

Liberté d’expression mon cul! Je viens tout juste de discuter de mon prochain article pour le journal étudiant avec l’un des deux rédacteurs en chef. J’y traite assez crûment d’un phénomène au Cégep de Saint-Hyacinthe que j’ai librement appelé : dudes à casquettes, oui, c’est vrai. On m’a reproché mes idées dures à l’endroit d’un certain groupe majoritaire au cégep. Ces dudes à casquettes ce n’est pas un groupe défini ni une coalition enregistrée. Juste un phénomène de masse qui a pour règle d’éthique le je m’en calice et l’ignorance. On m’a répliqué que les membres de ce groupe n’étaient pas tous ainsi et que l’idée était un peu forte puisque certains de ces dudes à casquette étaient des bons jacks. Je n’en doute pas. Désolé alors pour ces jacks, je m’attaque à une majorité, pas à l’exception. Seulement, ce que je veux vous faire comprendre c’est que je n’attaque pas ce chapeau à palette, mais bien l’idéologie qu’il y a en dessous. L’espèce de désintérêt pour tout, l’espèce de manque de maturité qu’ils portent sous le couvre-chef. Qu’on me comprenne bien, j’en ai contre cette philosophie qui n’en est pas une, pas contre un chapeau.
On pourrait me reprocher d’avoir des opinions arrêtées, d’entretenir des préjugés non fondés. On pourrait me reprocher de défendre les opprimés d’un côté (avec Amnistie Internationale) et de rabaisser le jeune cégépien moyen de l’autre. Et pourtant, je crois qu’il n’en est rien. J’ai la conviction de défendre ceux qui en ont besoin convenablement, mais celle aussi d’avoir le droit de faire un pied de nez à ceux qui le méritent. Dans un pays comme le nôtre, au Québec (oui, oui, j’ai bien dit un pays et ce n’est pas une faute d’inattention), où les droits de l’homme, la liberté d’expression et l’accès à l’information sont mis de l’avant, je crois ce reproche profondément justifié. C’est le droit du cégépien moyen de ne s’impliquer dans rien et de triper à faire des burns un peu partout en croyant que c’est ça, être majeur. D’un autre côté, c’est mon droit de les réprimander gentiment et poliment dans notre journal. Pourquoi? Pour leur faire comprendre, justement, qu’avoir dix-huit ans, ça n’a rien à avoir avec le fait de pouvoir sortir de l’alcool au dep ou de conduire un char.
Je n’en dirai pas plus, je crois que je me suis assez expliqué pour que vous compreniez mon point de vue. Je voudrais simplement, si vous me permettez, terminer par un extrait marquant d’un poète engagé dont on semble ne se souvenir que trop peu par les temps qui courent. Gaston Miron disait ceci dans son poème nommé L’Octobre tiré du recueil célèbre « L’homme rapaillé » :
« Nous te ferons, Terre de Québec
lit des résurrections
et des mille fulgurances de nos métamorphoses
de nos levains où lève le futur
de nos volontés sans concessions
les hommes entendront battre ton pouls dans l’histoire
c’est nous ondulant dans l’automne d’octobre
c’est le bruit roux de chevreuils dans la lumière
l’avenir dégagé, l’avenir engagé »
Je me sens rapaillé dans ce cégep, entouré de gens pour qui la Terre du Québec n’est qu’une soulerie annuelle au nom de ce cher Saint-Jean. Je me sens rapaillé dans ce Québec où le progrès semble beaucoup trop loin derrière et invisible à l’avant. « L’avenir engagé » me semble inexistant désormais. Qu’est-ce qu’en aurait dit Miron? Je n’en sais rien sauf peut-être qu’il aurait probablement été bien déçu des enfants du Québec. Alors non, je ne retire rien de ce que j’ai dit dans mon article précédent : « Ben franchement, la Quinzaine interculturelle! », parce que, moi, je ne renonce pas à un avenir engagé et que je refuse encore de tous vous désigner comme des dudes à casquette.
Par Thomas Dupont-Buist

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Deux articles traitant des Actions d’Amnistie

Laura qui fait connaissance avec un enfant haïtien

Laura qui fait connaissance avec un enfant haïtien

Salut les casse-couilles, voilà un bon moment que je n’ai pas bloguer et bien que ça me manque, je sais que je n’en aurai pas plus le temps pendant un bon moment. Au cégep, on essaye de faire bouger les choses avec Amnistie et Équiterre et ça bouffe pas mal de temps. Comme si ce n’était pas assez, en plus, j’écris au journal étudiant (pour le moment du moins). Je tenais toutefois à vous donner des nouvelles de moi et de ce que je fais. J’ai écris deux articles dernièrement sur deux de nos projets et ils ont tous deux été publiés au journal étudiant du cégep de Saint-Hyacinthe, soit l’Accro. Je vous laisse lire ces deux articles informatifs peu originaux dans la forme mais qui explique quand même relativement ces deux initiatives que je trouve bien sympa.

Colorez des sourires

Treize ans de guerre pour une année de paix. Cette situation peut sembler invraisemblable, mais c’est pourtant celle de la Colombie depuis plusieurs siècles. Pauvreté extrême, dictature militaire, droits de l’homme pratiquement inexistants, voilà le lot des Colombiens. Pour beaucoup de ces gens, la vie n’est pas rose tous les jours. Malgré tout cela, nos voisins du Sud gardent espoir et savent célébrer comme il le faut lorsqu’en est venu le temps. Parmi les fêtes qui leur tiennent à cœur, Noël occupe une place très importante. Malheureusement, la majorité n’a pas les moyens de s’offrir ne serait-ce qu’un petit cadeau. Décevante réalité pour tous ces enfants qui espèrent.
On se demande souvent, ici, au Québec, comment on peut aider. Le sentiment d’impuissance est fort et on ne connaît pas toujours les détails de ces situations internationales. En entendant ces tristes constats, il est bien difficile de rester indifférent. Mais que faire?
C’est à cette question qu’à tenté de répondre Lorena Meneses, étudiante du Cégep de Saint-Hyacinthe particulièrement touchée par les conditions de ce pays. En imaginant son projet « Colorez des sourires », elle voulait trouver un moyen d’agir concrètement. « Colorez des sourires », c’est une entreprise qui consiste à organiser une collecte de jouets et de vêtements usagés afin de les envoyer aux enfants de Colombie pour Noël tout en tentant de conscientiser le plus d’étudiants possible à cette réalité. Pour mettre en œuvre son projet, elle a décidé de se joindre au groupe Amnistie internationale du Cégep. Et c’est ainsi que l’idée a pris forme et s’est concrétisée.
La conception achevée, il est maintenant temps de passer à l’acte. Une collecte sera donc organisée du 5 au 22 octobre au corridor 2 et au F1105 (AVEC), où vous pourrez faire don de vêtements d’été, de jouets et de petite monnaie en tout temps dans les boîtes prévues à cet effet. L’équipe d’Amnistie Internationale s’occupera ensuite de nettoyer et de sélectionner les dons pour les envoyer en Colombie. Vous aurez également la possibilité d’écrire un petit mot en espagnol à l’enfant qui recevra votre jouet, aidé par nos interprètes. Une belle occasion de venir vous débarrasser, pour une bonne cause, de vos vieux jouets qui accumulent la poussière et d’en apprendre un peu plus sur la culture et la situation de la Colombie. De plus, un kiosque d’Équiterre sera également sur place, vous permettant d’acheter ses succulents produits équitables. Tous les profits serviront à payer l’envoi des dons à bon port.
Toute l’équipe d’Amnistie internationale VOUS attend en grand nombre et généreux.
Par Thomas Dupont-Buist

ET

À toi pour toujours, Haïti

L’histoire qu’a vécue Laura Ducharme cet été est des plus étonnantes. Il me faut donc la partager avec vous. Laura est une étudiante en Interprétation théâtrale au parcours impressionnant. En plus d’être très créative, elle a des idées plein la tête. Mais ses intérêts ne vont pas qu’au théâtre. Elle est aussi une jeune militante inspirée et fonceuse. Disons seulement qu’elle n’attend pas que les propositions viennent à elle. Laura est de celles qui créent et mènent à bien leurs propres projets.
Cet été, elle n’a pas travaillé ou pris quelques semaines de vacances dans le Sud. Non, Laura ne semble pas avoir le temps de se reposer puisque les causes qui lui tiennent à cœur n’attendent pas. C’est plutôt en Haïti qu’elle est allée. Pour visiter et découvrir cette culture, bien sûr, mais surtout pour y réaliser ce projet plus grand que nature. C’est quoi exactement? Laura avait décidé d’aller y conjuguer ses deux plus grands dadas, soit le théâtre et l’aide humanitaire. En compagnie d’un groupe de jeunes filles de la ville de Grand-Goâve, îlot de paix au milieu d’un pays parfois violent, elle a choisi de monter une pièce de théâtre sur la condition de la femme. Ambitieux? Certainement! Surtout en Haïti, dans un bidonville, avec ces jeunes filles qui n’avaient jamais touché au théâtre de leur vie et dont le taux d’alphabétisation est souvent très faible. Et pourtant, ce fut une grande réussite. Il y a de quoi être fier. Il y a aussi de quoi faire connaître ce projet au plus de gens possible.
C’est dans cette intention qu’elle a décidé d’organiser une soirée témoignage appuyée par plusieurs organismes, dont principalement Amnistie internationale. En effet, ça bouge beaucoup cette année dans la section Amnistie du Cégep. Cette soirée, parfaitement gratuite, aura lieu le 2 novembre à 19h à la salle Léon-Ringuet. Tout le monde est invité, étudiants comme citoyens de la Terre. Ne vous gênez pas, on va avoir beaucoup de plaisir et en apprendre tout autant sur la triste condition de cette superbe contrée que l’on surnomme souvent la perle des Antilles. En plus du témoignage de Laura sur son expérience, nous aurons le droit à plusieurs autres invités. Au programme, kiosques d’organismes tels qu’Équiterre et Microfinance Nord-Sud, la participation de Natacha Jeune Saintil (comédienne d’Haïti et militante pour les droits humains) et de Nicolas Demers (jeune étudiant en médecine très prometteur ayant réalisé le documentaire Ayiti Chéri en compagnie de Gabrielle Gilbert portant sur la condition de la femme, la santé et le développement agro-environnemental d’Haïti). Des invités qui nous viennent de près et de loin pour venir nous raconter leur histoire, le tout dans une formule cabaret intimiste.
Une activité d’exception au Cégep dont il ne vaut vraiment pas la peine de se priver.
Par Thomas Dupont-Buist

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Récit de Terre-Neuve : Jour 6 (12 juin 2009)

Moi et Étienne sur le P'tit Témis aux portes du Nouveau-Brunswick

Moi et Étienne sur le P'tit Témis aux portes du Nouveau-Brunswick

Bon alors voilà, j’ai enfin trouvé le temps et la motivation pour poursuivre mon récit, à la demande général. Je n’ai pas vraiment eu le choix, en fait, car j’ai reçu des menaces de mort de plusieurs blogueurs en manque. Mais trêve de conneries, voici la 6ème journée de mon périple. Rien d’extra ou de très étonnant et c’est justement pourquoi j’avais envi de vous la montrer. Ordinaire mais plaisante. Une journée que je dirais typique d’un cyclo. Que dire de plus, lisez donc, vous verrez bien. À la prochaine chicane cyclo-blogueurs!

Récit de Terre-Neuve : Jour 6 (12 juin 2009)

Une autre merveilleuse journée! Ça en fait au moins deux, hein! Très belle, donc, mais fatigante comme tous les autres. Deux journées où l’on tripe de suite, ça s’en vient fou! Attention! Ce matin, on s’est levé en retard, comme d’habitude. On garde les mauvais plis, on dirait. En vitesse, nous décampons sous la pluie et quittons Jean-Yves avec beaucoup de mal car ils nous retiennent en nous bombardant de questions. Petit-déj au Tim et vrai départ à 10h30. Pas si mal. La pluie cesse rapidement et nous atteignons des records de chaleur avec un beau 16 degré Celsius. Ça roule vraiment super car on a maintenant rejoint la superbe piste cyclable du Petit Témis (du Petit-Pénis, pour les intimes). Ce chemin relie Rivière-du-Loup à Edmonston. Seul petit hic, c’est en poussière de roche alors c’est souvent moue, plein de bout et ça avance nettement moins vite que sur de l’asphalte. Malgré tout ça, ça vaut vraiment la peine, même si un certain cyclotouriste rencontré plus tôt ne serait vraiment pas d’accord. Lui a trouvé cette piste longue et monotone. À cela, nous lui répondons qu’il ne sait pas apprécier la beauté de la nature. Dommage pour lui, nous, en tout cas, on a vraiment apprécié les petites cascades, la forêt, les rivières et l’odeur des conifères. En fait, cette piste est une ancienne voie de chemin de fer. En gros, elle monte en faux plat tout au long de la première moitié et descend de la même manière par la suite. Vous comprendrez donc qu’on s’est amusés à faire pas mal de vitesse dans la deuxième partie. Clairement, de beaux paysages.
Dîner à Cabano dans une petite boulangerie au bord du très long lac Témiscuata. Vraiment, délicieux! On repart pour s’arrêter presque aussitôt, un peu plus loin, poussés par l’envi folle de confronter nos couilles à l’eau glaciaire. Moi et Gab se retrouvons à l’eau dans le temps de le dire. C’est fret en simonac, vidéo à l’appui. Étienne, lui, nous trouve plus fou qu’autre chose. C’état glacial mais ça a aussi vraiment revigorés nos muscles endoloris. Pédale encore pédale jusqu’au Nouveau-Brunswick, terre mystique des acadiens. Dernière partie qui porte les kilomètres de la journée à 130. Malgré notre retard, on s’en sort plutôt bien, je trouve. Mon genou tient le coup. C’est celui de Gab, qui aujourd’hui, a éprouvé le plus de difficulté. Arrivés à Edmonston, on constate avec étonnement que tous le monde est bilingue. On n’est pas très dépaysés. Ensuite, achat de nourriture et recherche d’un spot isolé où planquer notre tente à l’abri du regard des policiers. Chose accomplie asses facilement alors que l’on trouve un plateau surplombant un camping. Dégustation de 8 hot-dogs chacun. Nous sommes un peu déçus car mon entreprise pour aller chercher de la bière n’a pas fonctionnée. Ici, il faut un « liquor store » pour avoir de la bière et le plus proche, c’est de retourner au Québec. Très peu pour moi ce soir, merci. Après quelques mesures de sécurité afin qu’un lièvre sauvage et affamé ne vienne pas bouffer nos réserves de nourriture pendant la nuit, on se couche. Voilà, je suis encore crevé. Mes yeux ferment tout seuls, indépendants de ma volonté. Bonne nuit Jeanne, je pense à toi. On ne s’oublie pas.

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FrancoFolies 2009 et ma ville

Petit intermède aux récits de voyage en cette belle journée pluvieuse. La raison en est bien simple, il se passe beaucoup trop de trucs en ce moment pour que vous ne passiez à côté. Notamment, le plus meilleur festival du monde entier est en cours. Et j’ai nommé… les Francofolies ! Pour ceux qui ne vivent pas sur la même planète, les Francos, c’est un festival de musique francophone super diversifié et étant rendu à sa 21ème édition cette année. Ce merveilleux festival a lieu dans notre belle grande métropole, à deux pas de chez nous. Et la plupart des spectacles sont gratuits ! Pourquoi s’en priver ? Des artistes du Québec et de la scène internationale y performent chaque soir sur un peu plus de 5 scènes extérieurs situées dans le centre-ville, juste à côté du métro de la Place-des-Arts. Si vous ne connaissez pas ou que vous n’y avez pas été encore cette année, c’est le temps les amis car ce n’est pas fini, loin de là. Jusqu’au 9 août, chaque soir, il y a de quoi s’amuser et se régaler en soirée. Faites-vous plaisir, comme moi, et allez vous gaver de spectacles gratuits.

Maintenant que les présentations sont faites et que j’ai bien fait mon travail de publicitaire, je vais pouvoir vous en parler plus en profondeur. Les Francos commençaient le jeudi 30 juillet et depuis, j’ai passé chaque soir là-bas en compagnie de quelques potes et de mon amoureuse. Nous sommes tous des amoureux inconditionnels de la musique. Il n’était donc pas question de manquer cet événement. Bien sûr, les réveils sont difficiles, et nous aussi, on travaille. Ce n’est pas une excuse, on n’a qu’une seule vie. On est fatigué, mais ça vaut pleinement la peine, je vous le jure. Le mieux, avec les Francos, c’est d’y aller sans aucunes attentes. Aller voir des groupes que l’on ne connaît pas, découvrir quoi. Bien sûr, il y a des incontournables à ne pas manquer mais quoi de mieux que d’ouvrir son esprit ? Et que dire de l’ambiance qui règne partout dans le centre-ville ? Tout simplement électrisant, grandiose. Dans ces moments, je sui fier de dire que je suis Québécois et Montréalais. Nous avons bien des choses à se reprocher, bien sûr, mais pour ce qui est de la fête, je dois dire qu’on est fort. Et j’ai bien dit Montréalais et non Longueullois ou Hubertin. Si, si, je parle d’une ville qui nous unis et qui possède une âme. Pas d’une bourgade de banlieusards plus préoccupés par la santé de leur pelouse que par le reste du monde. Je sais que vous ne serez probablement pas d’accord, mais mon sentiment d’appartenance va à Montréal, ville vivante et culturelle au max. Bien plus, en tout cas, qu’à St-Hubert, inconnue, endormie et endormante.

Mais revenons aux Francos si vous me permettez. Si ça ne vous ennuie pas trop, j’aimerais vous relater un peu nos trois petites escapades. Débutons par l’ouverture, jeudi dernier. Accompagné seulement de JP, je ne m’attendais vraiment à rien. Pas que JP est nul, rassurez-vous, il est le mec le plus dynamique et énergique de la terre. Seulement, on n’était pas en gang, ce qui change souvent la donne. Pas cette fois-ci. Tout d’abord, petit show donné par Plaza Musique. Groupe intéressant et assez innovateur. Style difficilement définissable et présence électrisante. Ça commence bien. C’est donc tout sourire qu’on se dirige vers la scène principale pour le spectacle d’ouverture de Corneille et ses invités. Wha, méchant show ! La foule était chaude et dansait dans la joie et l’allégresse devant Corneille et ses généreux invités. Corneille a même fait 3 nouvelles chansons. Pas de doute, son prochain album, plus funky, a l’air extra. On a eu beaucoup de plaisir et au centre de cette foule, j’ai ressentit un grand élan de patriotisme et de fierté. Le sentiment de faire partie de ce peuple fantastique et multiculturel. On se laisse aisément porté par la musique, on danse, on embarque, on tripe. Juste après, show plus underground avec Payz Play et Artist of the year. Deux super groupes que je vous recommande fortement. L’un rap et l’autre électro/dance. Excellent, on bounce comme des déchainés.

Vendredi soir, on est nettement plus nombreux. Mais les shows sont nettement moins bons aussi. Dommage. David Jalbert, inconnu pour moi, ne m’impressionne pas du tout. On dirait une copie de Kaïn autant dans les rifts que dans la voix. Rien d’innovateur et rien de quoi s’emballer. On part tôt après avoir écouté la fin du show d’Antoine Gratton (intéressant). Une soirée un peu décevante mais ce n’est pas grave.

Samedi, le réveil est difficile. Pourtant, le soir venu, on est encore fidèle au poste. Et tant mieux parce que ce fût extra. En compagnie de Pimpo et de Charles, on se gâte. Fatals Picards (Déchainés), Oumou Soumaré (exotique, entraînant, intime et dansant), Guillaume Arsenault (poétique et génial) et finalement Orange Orange (trop top). À force d’acheter les cds de tout ce qu’on aime, on va se ruiner. Pas de doute, il y a du talent à fond au Québec.

Bon bon, qu’est-ce que vous faites encore à me lire, allez-y voir par vous-même ! Gâtez-vous, vous ne le regretterez pas. Peut-être ferons-nous de Montréal la capitale mondiale des festivals en y croyant tous un peu plus. Qui sait, après tout, c’est à nous de faire bouger les choses ! Montréal, capitale culturelle mondiale, ça sonne bien, je trouve. L’invitation est lancée, à vous d’embarquer !

http://www.francofolies.com/Francos2009/accueil_fr.aspx

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Récit de Terre-Neuve: Jour 5

Étienne qui contemple, essouflé, une sale côte de 18% à Rivière-du-Loup

Étienne qui contemple, essouflé, une sale côte de 18% à Rivière-du-Loup

Et voilà, une autre journée à vous mettre sous la dent. Désolé, cette fois-ci, c’est réellement une belle journée où tout le monde tripe. Il reste bien de la souffrance, vous allez voir, mais pour le moment, appréciez donc une petite journée tranquille de 3 gars en route pour le bout du monde. On a du fun, malgré tout ce qui nous arrive, et c’est ça, je le crois, qui fait que nous nous souviendrons longtemps de nos expéditions. N’oubliez pas de voyager, de découvrir et surtout, de vivre !

Jour 5 (11 juin 2009)

Enfin, une belle journée ! On aurait dit que tout était si difficile jusqu’à présent que je n’appréciais pas mon voyage. Tout d’abord, grâce matinée dans la maison déserte. Personne pour nous faire chier, la maison est nôtre pour notre passage. Levé bien peinard à 10h et fantastiques douches. Nous n’avons pas de déjeuner mais tout va si bien que nous ne nous laissons pas atterrer par ça. Les livres de blagues nulles nous on rendu le sourire et nous sommes prêts a tout affronter. Petite marche jusqu’à l’épicerie où nous croisons une dame qui a des idées bien arrêtés. Je m’explique. Alors que moi et Étienne marchions, sur le chemin du retour avec nos provisions dans les bras, nous avons croisé cette dame. Touchée par notre sort, elle s’est mise à nous déblatérer un plaidoyer entier sur la folie du gouvernement de faire payer les sacs de plastique. Nous lui expliquons avec peine (en étant sans cesse interrompus) que nous avons choisis de ne pas en prendre par soucis écologique, justement. Du coup, elle fait un peu la tête, voyant qu’on n’est pas vraiment de son avis. Comme si on n’avait pas pris de sac pour 5 cennes de plus ou de moins. Et elle était insurgée, mes amis, vous auriez dut l’entendre dire comment s’était scandaleux, que dis-je, une honte, que le gouvernement ai fait ça aux pauvres gens par mesure environnementale. Quelle vieille grébiche égoïste. J’avais envi de lui dire que c’était des mentalités comme la sienne qui empêchaient de mettre de l’avant des projets d’envergure et de créer de vrais plans d’interventions écologiques. Mais bon, j’ai encore cru préférable de me taire et de passer mon chemin.

N’empêche qu’on a bien ri après coup. Arrivés à notre superbe baraque, on englouti un déjeuner gargantuesque qui, après calculs et recomptage, comptait plus de 1000 calories pour chacun ! Et on dévore tout ! Tout est bien, sauf mon genou qui, lui, empire. Ce matin, en le bougeant, je pouvais le sentir grincer. Comme un vieux rouage fatigué, sauf que ça fait parti de moi. C’est donc nettement plus épeurant. À partir de là, grosse remise en question. Je passe même presque une demi-heure à me demander si je vais être obligé d’abandonner. Je serais bien barré, estropié à vie ! Putain ! Je l’ai dit aux gars, même si ça m’a tout pris. Il faut simplement préciser que si l’un de nous abandonne, tous le monde doit abandonner. Pas le choix parce qu’on a trop de matériel à traîner. Je ne veux pas les lâcher, je ne peux pas leur faire ça. Ma décision : je vais poursuivre mais je dois absolument faire attention. Le moyen que j’ai trouvé, c’est de pédaler en forçant ¾ sur la jambe gauche et ¼ sur la jambe droite (blessée).

Le trajet jusqu’à Rivière-du-Loup fût assez aisé et les paysages étaient magnifiques. 16 au mercure et il ne pleuvait même pas ! Presque le paradis, après ce qu’on a affronté ! Comme quoi les mauvaises conditions apprennent à apprécier ce que l’on a. Rendus à Rivière-du-Loup, on se tape une petite après-midi de magasinage. Pas de jolis sous-vêtements, rassurez-vous, notre magasinage est beaucoup plus nécessaire que ça ! Premier arrêt, bike shop où je change mon dérailleur avant, au détriment de mon portefeuille. Ouch, presque 60$. Ce n’était pas prévu, ça. Au moins, le mécano est super sympa et connais vraiment son affaire. Deuxième petite commission, la pharmacie où l’on se gâte. J’y trouve une attelle pour mon genou et de la crème contre la douleur musculaire. L’attelle fait vraiment du bien. Pour fêter ça, on s’arrête au Tim où l’on prend un petit café. Mais ce serais trop beau n’est-ce pas ? Il faut qu’un mec supposément sourd vienne nous arnaquer. Sa technique ? Il dépose devant nous une carte disant ceci : « Je suis sourd et je vis de vos dons ». Là, on ne réfléchit pas trop et on donne. Il prend le cash et il ne nous regarde même pas, le salopard. Ne remerciant personne, même pas un signe, et puis il se pousse avec l’argent de tout le monde. Un peu plus tard, à la sortie d’un SAQ, qui voyons-nous ? Surprise, encore lui ! On ne s’est pas fait prendre deux fois. Malgré l’envi importante de lui en mettre une, on lui fait simplement signe de décrisser. Il y a toujours des limites à détrousser des voyageurs déjà paumés pour entretenir une calisse de paresse ambulante. Après cette petite altercation, fort de notre achat d’un 20oz de rhum, on repart.

En essayant de retrouver notre chemin, on grimpe une pente magistrale pour aussitôt se rendre compte que l’on pouvait l’éviter. Bah, et puis, ça nous garde en forme, hein ! Vers 18h30, arrivée chez Jean-Yves, un autre parent d’Étienne. Il faut croire que les Pelletiers sont productifs. Je commence à penser qu’ils constituent le quart de la population du Bas-St-Laurent. On s’installe, montons la tente puis mangeons une délicieuse pizza achetée par notre hôte. En contrepartie, il nous faut à nouveau subir une conversation d’âge d’or. N’empêche, ils sont plutôt rigolos, ceux-là. Finalement, avant de se coucher, appel des proches. Ça fait vraiment du bien de parler à Jeanne, d’entendre sa voix et de prendre de ses nouvelles. Je m’ennuie d’elle mais je tripe en même temps. Son « Je t’aime » me redonne courage. J’ai déjà hâte de la revoir. Après, on se gâte en prenant quelques bonnes gorgées de rhums qui ont raison de nous. Il faut dire, que ça ne nous prend pas grand-chose pour tomber vu notre état de fatigue. On sort la musique et on chante joyeusement sous la tente. On tripe. Tard, nos paupières se ferment tout doucement sur une superbe journée. Seulement 60kms sans vent, aujourd’hui. Le moral est retrouvé.

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